Assises pour la Dignité Funéraire : un appel national pour les carrés musulmans dans les cimetières
Rachida Babzine Paris
Paris 15 février 2026
Le Novotel Porte de Versailles a accueilli une salle comble à l’occasion des Assises pour la Dignité Funéraire, co-organisées par Association Tahara et le Haut-Commissariat des Diasporas Africaines de France.
Cette rencontre nationale a remis au centre du débat une question devenue majeure : l’accès inégal aux carrés confessionnels musulmans dans les cimetières publics français, alors que la demande d’inhumation en France ne cesse de croître.
Élus, imams, représentants associatifs, professionnels du funéraire et la Fédération Nationale du Funéraire ont pris part aux échanges.
Les discussions ont mis en évidence un déséquilibre frappant :
Environ 400 carrés musulmans *
Pour plus de 2 000 mosquées en France *
Un écart qui illustre le manque d’infrastructures adaptées et des disparités territoriales importantes, la création de ces espaces dépendant largement des décisions municipales.
Plusieurs familles ont évoqué des difficultés concrètes
absence de places disponibles *
lourdeurs administratives *
sentiment d’injustice *
Rachida Kaaout a plaidé pour une représentation nationale structurée, appelant à la création d’un Consistoire musulman de France, elle a rappelé que la dignité funéraire relève pleinement de l’égalité républicaine.
De son côté, Samad Akrach a dénoncé les blocages rencontrés sur le terrain et appelé à une mobilisation collective pour garantir le droit à une inhumation digne.
Le rabbin Serge Benhaim a souligné la dimension universelle du respect du défunt, évoquant des pistes de réflexion interreligieuses, dont la possibilité de carrés confessionnels partagés.
La sociologue Valérie Cuzol a insisté sur l’augmentation des décès au sein de la population musulmane et la pression croissante sur le foncier funéraire.
Maître Louisa Ibazatene a rappelé le cadre légal : les cimetières étant des équipements publics communaux, la création de carrés confessionnels dépend du maire, et les cimetières confessionnels autonomes sont juridiquement impossibles en France.
Les participants ont proposé :
la création d’un Consistoire musulman national *
le développement de cimetières intercommunaux *
des concessions longues ou perpétuelles *
des mécanismes de renouvellement via une personne morale
Les organisateurs ont insisté :
Il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’un principe fondamental — l’égalité et la dignité humaine.
Ils appellent l’État à garantir à chaque citoyen le droit de reposer dignement dans le pays où il a vécu.
