Une centaine de jours à l’Institut Médico-Légal : une association dénonce une “négligence grave” dans la prise en charge d’une défunte

Rachida Babzine Paris

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Paris — Une situation qualifiée de “profondément indigne” par l’Association Tahara a provoqué l’émotion et la colère d’une partie de la communauté musulmane. Une femme, ressortissante marocaine décédée le 27 août 2025, est restée plus de 100 jours à l’Institut Médico-Légal (IML) de Paris, dans l’attente de sa toilette mortuaire et de son inhumation.

Selon l’association, le processus funéraire, déjà long et complexe, a été de nouveau interrompu le lundi 8 décembre, jour prévu pour les obsèques, faute d’intervention à temps de la Grande Mosquée de Paris (GMP), seule structure actuellement habilitée à pratiquer les rites mortuaires religieux au sein de l’IML.

Toujours d’après l’Association Tahara, les démarches nécessaires à l’inhumation avaient pourtant été finalisées :
obtention du permis d’inhumer délivré par le Procureur de la République ;

autorisation du Consulat du Royaume du Maroc à Paris pour le rapatriement ou l’enterrement en France.

Une fois ces autorisations obtenues, la toilette rituelle devait être effectuée avant l’inhumation. L’association affirme que cette étape n’a pas pu être réalisée “en temps et en heure”, ce qui a conduit au report des obsèques, laissant la défunte “sans son dernier droit” et plongeant les proches “dans une souffrance supplémentaire”.

L’Association Tahara dénonce un “manquement grave” et estime que la situation met en lumière une fragilité du système actuel : la Grande Mosquée de Paris est aujourd’hui la seule institution autorisée à intervenir à l’IML pour les rites musulmans.

Aucun commentaire n’a pour l’heure été communiqué par la Grande Mosquée, et l’IML n’a pas confirmé publiquement les éléments avancés.

Face à cet incident, l’Association Tahara appelle les autorités nationales à revoir les conditions d’accès aux soins mortuaires religieux au sein de l’IML. Dans un courrier adressé notamment au Président de la République, au Ministère de l’Intérieur, au Forum de l’Islam de France (FORIF) et au Bureau central des cultes, l’association demande que :

“des professionnels qualifiés, engagés et expérimentés puissent également être habilités à intervenir à l’Institut Médico-Légal de Paris, afin d’éviter la répétition de telles situations.”

Son président, Samad Akrach, diplômé conseiller funéraire, aide-soignant et aumônier hospitalier, affirme que cette modification est nécessaire pour “garantir la dignité des défunts, respecter les rites et soulager les familles confrontées au décès d’un proche”.

Une pétition a été lancée pour soutenir cette revendication. Elle appelle à un “accès élargi” à l’IML pour les professionnels du funéraire confessionnel, jugé indispensable selon l’association pour “assurer une prise en charge digne et continue”.

Cette affaire relance un sujet sensible : les conditions dans lesquelles les rites religieux peuvent être exercés dans des structures médico-légales soumises à des exigences strictes de sécurité, de neutralité et de respect du droit.

Plusieurs acteurs du culte musulman ainsi que des associations funéraires plaident depuis plusieurs années pour une meilleure organisation des services rituels, notamment à Paris, où le nombre de décès sans famille ou avec peu de relais administratifs est élevé.

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